Atelier Witkiewicz – lundi 7 décembre

8 décembre 2009 at 12:07 (Work in progress : le Fou et la Nonne)

Atelier Witkiewicz – lundi 7 décembre

Présents : Jeremy, Alexandre, Steven, Selma, Lola, Morgane, Michel

Secrétaires : Morgane, Lola

NB : Michel revient le 11 janvier, 6 séances, il s’absente, puis reprise en février.

-Quelques jalons dans l’acte I.

Quelle est la dynamique qui se dégage du premier acte ?

Dynamique de la relation, c’est à travers la relation que les choses apparaissent. C’est par la relation qu’on sort de la psychologie. Ca nous renseigne de la manière dont nous ne percevons pas dans la réalité la relation avec les autres. Le théâtre révèle le caractère inconscient de la socialisation des êtres humains. Nous sommes aliénés et on ne s’en rend pas compte.

[à ce propos je vous suggère de voir le film de Resnais : Mon oncle d’Amérique]

Premier retournement.

On s’est arrêté la dernière fois à un tournant dans la scène (« c’est donc nos poèmes que vous lisions ») : l’image de Bordigiel s’est un peu effacée. Rapprochement. Pacification de la relation. Avant l’acte 2, comment va évoluer la scène à partir de là ? Quelle évolution du climat et pourquoi ?

Deuxième retournement.

Il est question de la relation de la folie avec la société. Retournement à partir de « mon dieu mon dieu mon dieu ». Walpurg vient de lier son cas personnel avec la société toute entière : le monde tourne à vide donc je tourne à vide. « Parlons de la vie de notre vie. » Comment comprendre ce nouveau retournement ?

Ca la concerne aussi : elle est dans le vide. Néant d’existence. Plus question de Bordigiel ici. Elle va se raccrocher à Walpurg comme une épave. Déstabilisation. Vulnérabilité de sœur Anne.

Walpurg : « bon assez »

Elle parle comme un automate.

On évoque le suicide de son ingénieur. Ca revient ailleurs dans la pièce.

La femme tourmentée : elle a lu ses poèmes, elle sait aussi que c’était un amour absolu. Elle se défend de la stabilisation. « je connais vos poèmes je sais qui vous êtes ». Quelqu’un dans un défi absolu par rapport à la question amoureuse et ça peut conduire à la mort. Elle prend la mesure de ce à quoi peut conduire un amour absolu.

Sœur Anne : « pourquoi êtes-vous ici ? » Sa question est réaliste, elle est très importante : vous ne pouvez pas être ici pour une histoire passionnelle.

« un vide effroyable » : on est toujours dans cette profonde déstabilisation.

Troisième retournement.

Retournement terrifiant de Walpurg : il tombe dans le pathétique « ma sœur tenez moi la tête entre vos mains ». Image : mater dolorosa. Retour du maternel sur le plateau. Quelque chose de pitoyable arrive ici. Pas de l’ordre de l’effondrement. Walpurg sollicite tout un maternel de la part de sœur Anne. « Reposez-vous ». De la provocation érotique à la soumission. Voir le cinéma de l’époque : l’effondrement des hommes dans le maternel. Résignation de Walpurg.

Au théâtre une telle scène est insupportable. Avec des corps réels on ne fait pas n’importe quoi, on ne les amène pas à se résigner. « désespoir effrayant » dit Witkiewicz. Outburst, explosion.

bram à propos de mater dolorosa je vous mets aussi ça:

Quatrième retournement.

Bascule dans l’érotique. « Pour vous je ferai n’importe quoi. » Erotique devant lequel il n’y a aucune fuite possible. L’acte I se termine sur l’acte, sexuel. On est en 1923, mais ça peut aussi bien être aujourd’hui. C’est quelque chose qui traîne depuis la révolution russe. On est entré dans l’époque des masses. Staline a bien compris. Tchekhov. On peut faire l’histoire du théâtre et de la compagnie à travers ça. Ce moment de violence, d’une nullité existentielle à la bascule.

En 1923, la pièce est censurée parce qu’il est impossible d’esquisser l’acte sexuel, de montrer que les choses ne peuvent pas aller ailleurs que là. Pas d’issues autres, idéales ou machin. 1924 premier manifeste du surréalisme.

1933 Le théâtre et son double. Relire.

Tout ce que dit Artaud s’applique à Witkiewicz, même s’il ne le connaissait pas.
Années 60 : le living, les années où l’on faisait l’amour sur la scène. Ca conduit à 68. Leurs slogans, c’est exactement ce dont il est question à la fin de cet acte.

Reprendre Rimbaud : le père des avant-gardes. La seule définition de l’avant-garde : il n’y a plus de différence entre l’art et la vie. Si on veut vivre il faut rentrer dans une vie artistique. Pratiquer un art. Exister dans un monde foutu.

-Prenons l’acte II.

Sœur Anne se rhabille.

Un malentendu entre les deux : « je t’aime » / « tu dois accomplir ton destin » c’est pas du tout pareil. Elle est schizée cette sœur Anne. Elle sent l’absolu en lui (pulsion de vie pulsion de mort…) mais se détache aussi. Il la rate pas : « tu parles curieusement, comme si tu avais brusquement cessé de m’aimer ». Quelque chose dans son comportement et dans sa voix : « sœur anne qui s’écarte de lui » écrit Witkiewicz.

Premier point de bascule : « tu dois accomplir ton destin », c’est pas pareil que « je t’aime »

Deuxième point de bascule : « en moi une force que je ne maîtrise pas », Anne répond « c’est le génie » (conneries)

-Vivre avec lui c’est risquer sa peau-

Et c’est l’image de Bordigiel qui revient, d’ailleurs Walpurg dit « ne me trahis pas » (il pressent cela).

On prend la scène ici.

Grün reste à la porte.

B, G et SB n’entrent pas de la même manière, ni ensemble.

B entre en premier, il entre d’un pas décidé, rapide, professionnel et directement vers SA qui quand il arrive, se lève. SB entre juste après B, elle entre voir sa nonne, et Grün après .

Quand SA doit elle se lever ?

B entre en lumière, à une place, elle le voit un flash de seconde. Elle fait semblant de prier, aux aguets. B entre , elle regarde, puis se remet à prier, et quand B arrive vers elle , SA se lève très calmement.

Entrée B, un point puis SA

quand B part, arrive à la place de B SB. SB arrive pleine scène, pour que G arrive derrière. SB prend tout de suite en considération SA.

3 instances qui débarquent, hétérogènes.

Quand SA se lève, il faudrait que grand écart sur sa gauche, c’est le médecin, elle laisse la place. B se retrouve près du lit à la place de SA. Geste de B avec la chaise, c’est fini la chaise maintenant. SB monte et embrasse sur le front de profil…

B regarde W.

Commencer à mettre e la dynamique, SB bouge à partir de « il a dormi tout le temps ? »

Grün est victorieux, il monte sur le discours de SA à la fin de « puis il s’est endormi tranquillement», à la droite de B. « ne l’avais je pas dit ? »  « le complexe commence à se dénouer ».

Grün reprend possession du patient.

B reste à la place pour « moi non, je n’ai jamais pris de bromure », il faut que ça termine sur érotisme avec SA.

Sur B »mais ce fait étrange », Grün se dirige vers SB

B « écoutez G », petit pas en avant de B

« je vous passe ce client », B revient sur SA

« même s’il y a beaucoup trop d’érotisme dans votre .. » : SA petite moue

Quand Grün va sur W, B et SA vers fond et dos au public

A « ohoh wal. » SB va derrière la tête de W

« Walpurg » il l’appelle au ciel

« ah c’est vous docteur ? » W est relevé.

G Prend l’épaule de W jusqu’à « la conversation avec SA », et là-dessus Walpurg se lève : « magnifique ! »

Bordigiel « Ah pour cela non ! » il se détache de SA

« je m’y oppose ! »

Grün « écoutez B c’est vous ou c’est moi » : il va vers Bordigiel

« vous êtes libre WALPURG » W se déplace.

« et dans 6 mois nous sortons tous en ville » très fort youhou ! et tout le monde le regarde

QUAND W commence à écrire, W vers fond jardin. «G sur « vous voyez ma sœur … » il va vers SB

« première association avec la sœur », G le prend à parti et W acquiese l’air de rien ‘oui oui ‘ de la tête

W « aigu » : regarde le public, en écrivant, regarde le public et ne perd pas B des yeux

G emmène sœur B, la fait tourner ‘regardez le résulat’ G est victorieux . « la fosse c’est le sein maternel » : ¾ public, parle au public, ils marchent SB et G et s’arrêtent derrière le lit »

W arrive sur B : public : « docteur, il me semble qu’on ne peut pas flirter indéfiniment… »

Grün à « B oh ! mon Dieu » lui prend le pouls en regardant public.

« je suis maintenant tout à fait… » : Walpurg avance là-dessus

« non je parle sérieusement… » Walpurg se retourne et va jardin

Sur « ma mère réveillez vous de votre stupeur… L’honneur d’une personne de religion », SB se dirige vers SA, elle s’agenouille à côté de SA  et « vos plaisanteries sont déplacées… »

Quand les infirmiers entrent, regardent les cadavres puis public et s’en vont

W s’est déplacé vers SA, passe derrière Grün, et parle à SA

G est entre le couple des filles et W « il est presque complètement guérit… »

Il est possible que SA ‘sur un ton factice’ « même s’il faut sacrifier ma vie, je suis prête, et SA peut se mettre à genoux devant SB .

« et ne va pas aujourd’hui à confesse », SB embrasse SA sur les deux joues avant de dire sa dernière réplique , la mère supérieure a un droit de cuissage.

SA et SB sortent et croisent les infirmiers, qui amènent le plateau sur le lit, et restent sur scène.

W : « je n’ai plus de remords », pose le manuscrit et commence à manger

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