Mise en contexte : l’asile d’aliénés en 1900

5 février 2010 at 10:54 (Work in progress : le Fou et la Nonne)

Contexte historique de la pièce

Stanislaw Witkiewicz est un auteur polonais et la pièce, Le Fou et la Nonne, a été écrite en 1920. En ce sens, s’interroger sur ce que fut la “réalité” de l’asile d’aliénés au début du XXe siècle intéresse nécessairement Les Indifférents cette année.

C’est pourquoi nous avons décidé de mettre à la disposition de chacun, cet article paru dans la revue L’Histoire, en 1978 (numéro 7) : “L’asile d’aliénés en 1900″.

Dans cette publication, l’historien Claude Quétel plonge le lecteur dans l’univers quotidien des internés d’un asile normand en 1900.  Rappelant ainsi que les productions scientifiques ou fondamentales sont excessivement rares sur la question de la “folie”, il souligne le rôle central joué par Michel Foucault dans l’historiographie avec son Histoire de la Folie à l’âge classique, édité en 1961.

M. Quétel nous offre un panorama complet, passant en revue tous les aspects de l’univers asilaire : horaires rituels, cérémonie des repas, le caractère présenté comme salutaire du travail pour la santé, la balnéothérapie (entre punition et méthode de soins) mais aussi le lien avec le monde extérieur, les promenades et les sorties, l’omniprésence du silence, l’importance décisive des infirmiers, etc.

Voici donc les dix pages qui composent cet article.

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Atelier Witkiewicz du vendredi 11 décembre

12 décembre 2009 at 1:05 (Work in progress : le Fou et la Nonne)

Atelier Witkiewicz du vendredi 11 décembre

Présents : Selma, Alexandre, Lola, Roland, Steven, Morgane, Michel

Secrétaire : Selma

Festivals :

-Jouy en Josas, du 7 au 11 mars

-Arras et Zagreb : les deux dates se chevauchent : à partir du 22 mars au 27 mars

-Leister 28 juin au 4 juillet

-Casablanca du 14 au 22 avril, Marrakech : 26 – 30

NB : Pour lire « Le traité des mannequins » de Bruno Schulz, il se trouve dans le recueil Les boutiques de cannelle.

http://www.akadem.org/photos/contextuels/4215_5_Traite_mannequins.pdf : Schulz

A travailler pendant l’absence de Michel :

-Roland reprend tout l’acte 1 avec Jérémy

-Sœur Anne travaille sa chute au sol

-Walpurg : travail physique : séquence de roulade à partir du lit + récupération au sol. Pour Walpurg, travailler la souplesse des mouvements et tout un rythme corporel différencié, travailler avec la camisole sur l’expression du corps. À travailler avec Laura.

-Mettre en place scène avec SB et Grün : la lutte « à la manière russe non sans rapport avec les règlements de compte ».

 Reprise des ateliers avec Michel : a priori le mercredi 13 janvier 19h salle 118.

J’ajoute deux points dont on a parlé aussi (je = morgane)

Costumes :

Michel devrait trouver à se procurer finalement une camisole et les blouses de médecins. Trouver les croix. Trouver la tenue pour Sœur Barbara et Sœur Anne. Les coiffes, on verra, ça posera pas de problème. J’ajoute qu’il faudrait éventuellement anticiper sur l’acte 3 où Bordigiel et Walpurg apportent une robe à sœur Anne pour la sortie en ville. Je pense que Bordigiel et le complet veston ça devrait pas poser de problème pour Alexandre.

Distribution et prospectives :

Bon, si jamais on n’a pas de Walldorff finalement, il est envisageable de l’enregistrer en voix off et au moment où il entre en scène à la toute fin de la pièce, de passer la voix off sur un montage d’images du docteur Caligari. Ca peut être une solution de rechange très intéressante.

Pour les infirmiers-gardes, ça devrait pas poser de problème : pour le jeu en région parisienne, on pourra demander à Jean-Noël, ou Emmanuel, ou Pierre aussi, enfin on trouvera bien quelqu’un pour venir faire ça au cas où l’on joue bien à Jouy. Au Maroc, faudra prévenir Saïd à l’avance et Mustapha pour Casablanca et Marrakech, à Zagreb il n’y a absolument aucun problème pour dégoter des gens plus ou moins au dernier moment qui pourront le jouer en serbo-croate.

 

Aujourd’hui : ACTE II

Une chemise à manches courtes pour Walpurg serait intéressante.

La levée de lumière se fait : le premier acteur est le lit donc il doit être vide.

Walpurg reboutonne sa chemise près du lit (à gauche), et la nonne remet sa coiffe devant le miroir à droite de la scène, elle est face au mur et près du mur. Cela rend le lit acteur principal de la scène.

(C’est un petit cours de cinéma, ça : il faut qu’en un instant le spectateur capte de quoi il s’agit. Alors madame se refait une gueule devant le miroir qui n’existe pas (tu joues le miroir), et puis Walpurg se rhabille de l’autre côté du lit. Trouver la bonne distance entre les deux permet de faire jouer le lit comme il faut. C’est une image cinématographique qui joue à fond et c’est énorme parce qu’on se trouve quand même dans une chambre d’hôpital psychiatrique hein.)

Lorsque SA parle « maintenant je dois t’attacher à nouveau » elle doit le dire en rattachant sa coiffe.

Si elle le dit tournée vers le mur : il y a vraiment qqchose qui s’est passé entre eux

Si elle le regarde quand elle dit ca c’est comme si elle disait « bon on passe à autre chose »

« C’est affreux » : SA doit le dire en regardant Walpurg, elle doit se retourner toute entière vers lui et pas se retourner de ¾. Il faut une vérité dans le corps. Cette réplique « c’est affreux » est très forte.

Comment trouver le geste : « je te le donne comme talisman » : la croix est importante. Elle est en métal = c’est froid et elle est simple. Le collier arrive un peu en dessous du coup, le bas de la croix arrive entre les seins. Sa robe reste encore ouverte avec la croix qui est en évidence sur la chair. Juste après « c’est affreux », SA prend la croix et elle la regarde. Après SA l’enlève (la croix) et va voir Waplurg. SA fait le tour du lit et elle va lui donner la croix. Après lui avoir donné la croix, elle se détache de Walpurg  et reboutonne sa robe. Si elle remet sa coiffe sans reboutonner sa robe : ça veut tout dire (pas besoin de faire de la psycho pour comprendre ça). Quand SA enlève sa croix, elle s’en débarrasse, le mouvement est rapide. Déjà sur « talisman » elle s’en va, elle ne le regarde pas après le lui avoir donné. Elle parle vers le public.

« merci Alinka » est une parole très catégorique, et le « merci pour tout » est plus doux : il met la croix sous le lit. « Je devais ranger ici du papier » : il faut une certaine roulure de voix. La croix, en réalité Walpurg s’en fout. Après avoir glissé la croix sous le matelas (Walpurg s’est avancé) il reste là . C’est intéressant de remonter le haut du lit à partir de « embrasser tes cheveux hier »

« aujourd’hui que tu es mienne » Walpurg tasse l’oreiller « plus rien ne compte » walpurg est à côté d’elle.

W regarde le public quand SA lui donne la croix et quand il dit « merci Alinka ». A « merci pour tout » il la range.

Il se dirige vers la sortie quand il dit « maintenant je veux partir d ’ici » (il s’avance au devant de la scène). Ca pourrait être intéressant que walpurg s’adosse contre la paroi sur « il faut que je sorte d’ici ». SA s’adosse contre le mur a coté de Walpurg sur « tu m’as donné la force de tout accomplir ». La il continue sur « nous partirons d’ici ». Ils sont collés tous les deux contre le mur.

« toi tu sortiras » il peut mettre les mains dans les poches et va s’asseoir au bord du lit. SA parle avec un grand calme. « ce docteur bordigiel » : (Bordigiel : BORDEL, lol) il doit le dire en se balancant, énervé. Il s’adresse face au public. « j’ai peur d’avoir déchainé tes sens » : on peut tenter une sorte d’exagération, il fait comme si il pleurait et s’allonge sur le lit.

« oui toi tu sortiras » walpurg le dit lentement. « j’ai peur d’avoir déchainé tes sens »  : W s’allonge. SA s’approche de lui en disant « je t’aime ». Walpurg se dresse en se tournant vers elle, la tête vers elle. SA est proche de lui. SA s’assied sur la chaise « je resterais ici ». « je t’aime pour toi » SA le dit vers le public. « tu dois accomplir ton destin » : Walpurg descend du lit vers la gauche de la scène, au sol. Il dit sa réplique « pauvre enfant » assis au sol. Il dit « pauvre enfant » vers le ciel, mais pas de façon misérable. « tu sais, j’ai peur pr toi il y ..’ il le dit lentement. SA vient derrière Walpurg sur « il n’y a pas de volonté au sens ordinaire ». SA se lève à « il y a en moi une force que je ne maitrise pas ». « au dessus de moi une force supérieure » : Sœur Anne se trouve juste au-dessus lui à ce moment-là. « Il nous pardonnera » : SA se déplace juste à coté de lui.

Walpurg se lève à « attends je n’ai pas tout dis ». A ‘bien qu’elle soit une sainte » SA s’apprête à partir, c’est à dire qu’elle bouge seulement son pied gauche… Walpurg lui dit « attends » en levant sa tête vers elle et se lève vers elle pour « je ne t’ai pas tout dit ». « il me semble que je l’ai tué », SA s’en va.

SA : Walpurg commence à la gonfler avec cette histoire de son ex : comme si elle disait tais toi « ne dis plus rien », SA le dit énervée.

Elle s’avance vers lui pour le rattacher. « mais non j’ai seulement peur » SA le dit comme s’ils étaient la à faire la cuisine etc…

SA s’assied sur la chaise.

Entrée de Bordigiel, SB et Grün derriere.

SB et Grun sont en arc de cercle à coté du lit.

« l’érotisme est la chose la plus importante » : grun regarde SB qui elle, regarde le public.

S’il est question d’érotisme, les deux femmes doivent réagir. SB regarde le public et SA regarde ses chaussures. SA et Bordigiel peuvent être hors de la scène à ce moment là.

Sur « magnifique », Walpurg descend du lit

SB regarde Walpurg comme une bête étrange, elle a l’habitude de regarder les hommes d’une certaine manière. Coprophile, lol ! Au départ SB regarde Walpurg comme un cadavre.

Grun dit « oh oh walpurg » vers le ciel et s’approche de lui en disant « écoutez c’est moi Grun ». Sur le premier « oh oh » SB regarde aussi au ciel, elle suit les mouvements de Grun.

« et des livres? » Grun le pose comme une question. Walpurg s’approche de lui comme s’il avait faim de livres. Il dit « complète » en regardant Grun et le « tome 2 » en insistant bien dessus. Walpurg vérifie ce qu’il écrit, il fait un petit arrêt et regarde Grün en disant « deux ». « peut etre aussi moreas » : Grun a un pb d’écriture, il lui épelle. « et mon 3eme volume de poésie » : très calme.

« je suis au septième ciel » : il regarde SB. A « peut etre pourriez-vous m’ôter cette camisole » Walpurg se frotte contre Grün et regarde SB.

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Video de l’atelier Witkiewicz

10 décembre 2009 at 6:16   (Présentation de la pratique en atelier)

Voici une video donnant une idée du déroulement d’un atelier. Ici, il s’agit d’une recherche autour du jeu de l’acteur. Ces séquences ont été enregistrées le mercredi 9 décembre 2009  pendant la répétition de l’acte I du Fou et de la Nonne, de Witkiewicz.  Merci à Alexandre pour l’image, à Roland et Lola pour le jeu!

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Atelier Witkiewicz du mercredi 9 décembre

10 décembre 2009 at 12:15 (Work in progress : le Fou et la Nonne)

Atelier Witkiewicz du mercredi 9 décembre

Présents: Roland, Jeremy, Steven, Alexandre, Lola, Selma, Morgane, Michel
Secrétaire: Morgane
Caméraman: Alexandre

Des nouvelles de Zagreb
Il faut candidater avant le 20 décembre, thème du festival TEST 0 de l’année 2010 : ils l’ont appelé test 0 et pas test 10 pour marquer qu’ils veulent revenir à une création radicale sur le plan performance/installation (comprend aussi danse, musique, vidéo). Présenter le Witkiewicz, pourquoi? En 1935 première représentation du Fou et de la Nonne par Kantor, et début du théâtre Zéro par la même occasion au théâtre Cricot. Dates du festival: du 22 au 27 mars 2010. Hébergement assuré sur trois jours, pas toute la semaine. Voyage en bus, c’est le moins cher : 100 euros aller-retour à peu près.

Des nouvelles de Catastrophe
Création de la compagnie faite autour d’oeuvres de Pawel Jocz, qui est mort l’an dernier. Voir ici un site qui lui est consacré, très bien fait, avec de nombreuses ressources en ligne. J’ai trouvé cette video aussi, je pense qu’il s’agit de lui:

On pourrait avoir un des dessins de cet artiste. Witkiewicz était lui aussi un immense dessinateur, graphiste. J’ai trouvé des liens là-dessus également, à explorer sans compter! Un site polonais et un site sur une expo qui avait été consacrée à l’avant-garde polonaise à Nancy il y a quelques années. D’ailleurs ils font le lien entre Witkiewicz et Schulz, Gombrowicz et Kantor: les 4 mousquetaires!

Dans Catastrophe il y avait un immense portrait que Pawel Jocz avait prêté à la Compagnie et qui servait de lointain, avec des roses des bruns des verts oxydés, cette peinture avait fait tout le voyage des festivals avec la compagnie. C’était autour de la question du terrorisme. Il y a des portraits noir et blanc très proches de la figure de Walpurg et très proches des dessins de Witkiewicz. Il faudrait lire aussi Bruno Schulz, le traité des mannequins. Tout cela fait partie du background de Witkiewicz.

On aurait un portrait en scène alors. Faudra voir où le mettre. Un impératif sur le plan des lumières: descendre les par sur le lit, comme une sorte de plafond de lumière. Et du point de vue de la construction de l’espace, bizeauter la scène avec deux paravents de chaque côté: avoir un décalage par rapport au spectateur. Ca ferait deux paravents en oblique qui déplacent le point de vue du spectateur.

Pour les séances de décembre sans Michel: lundi on se retrouve pour la projection du Docteur Caligari + un autre film, confirmer horaire et salle d’ici à ce week-end. En janvier, pendant l’absence de Michel, Laura nous propose des ateliers corps et voix à la place de nos répétitions habituelles. Possibilité à voir ensemble d’organiser une journée entière de travail sur le corps pendant les vacances (elle demanderait alors 3 euros par personne).

Programme du jour
On reprend la fin de l’acte I et on conduit tout l’acte II. Vendredi on prendra l’acte III.

Sur la scène, dans l’angle fond à jardin: un divan rouge (le bordel), avec un lampadaire pour rappeler un élément de la ville (« c’est nous les dingues », disent les infirmiers, faire « un tour en ville »). Le côté cabaret donc. Le lampadaire comme sur l’affiche des Illuminations, première pièce des Indifférents.
Vous pouvez voir en petit l’affiche du spectacle Illuminations de 1999 ici:
(Voir les peintures d’Otto Dix pour le côté cabaret des années folles: la femme en fuseau rouge, la vieille dans le miroir, les massacres. C’est l’époque! Voir le post sur les costumes.) Eventuellement côté son introduire la Gaîté parisienne d’Offenbach pour traiter la scène d’amour entre le fou et la nonne.


et hop-là!

Voir aussi Karol Szisz Manowski pour la musique (introuvable sur internet, le seul lien existant, en polonais bien sûr, fait systématiquement planter mon ordinateur…)

Voir aussi James Ensor pour la peinture de ces années là. L’expo à Orsay n’est pas encore terminée!
Parlant de grande mascarade et bouillie des corps – massacres de la grande guerre et cabaret – (« une pâte bouillonnante de corps » dans la dernière scène de la pièce.), on a ça par exemple:

C’est un truc qu’on gagnera à travailler avec l’atelier corps de Laura, ça. Ne pas oublier l’idée de l’emballage pour rappeler Kantor également (sa mise en scène du Fou et de la Nonne, consulter les notes dans Le théâtre de la mort.)

On reprend la fin du premier acte là où l’on s’était arrêté.

ACTE I

En scène: Roland, Lola. Côte à côte sur le lit. « Pourquoi avez vous fait cela » (Soeur Anne)

On cherche l’évolution de la relation pour l’instant.

Improvisation.
Soeur Anne: « pourquoi vous empoisonniez-vous avec des narcotiques? Répondez » Petite difficulté de jeu. Il y a un silence, il ne lui répond pas. Alors pourquoi? Il se lève. La question c’est de savoir qui se lève et quand. Il se lève avant ou après la réplique des narcotiques? Juste après sa réplique:
« maintenant je saisis très bien », il s’avance, tellement heureux. Ensuite elle: « pourquoi vous empoisonniez vous avec des narcotiques? »

Quelque chose qu’on a commencé à voir dans le travail: le rapport entre soeur Anne et Walpurg est complètement aléatoire. Faut pas croire qu’il tient à elle ou qu’il ne tient pas à elle, faut pas projeter les choses. Le rapport entre les deux est parfaitement surprenant à chaque moment.

On reprend sur le bonheur / la torture pour entendre le changement de ton.
Difficulté de Roland : le ton n’est pas juste. « alcool morphine […] le malheur. » Ensuite: « le bonheur? La torture! » De nouveau un dialogue intérieur mais toujours dans cette haine « ils m’ont sauvé pour que je finisse cette existence dans la torture ». C’est très violent et ça n’a pas besoin d’être debout.
Ensuite le changement de ton. « J’exterminerai toute cette race de bourreaux ».

On peut essayer autre chose: Walpurg reste debout après s’être présenté et l’avoir amenée sur le lit.
Difficulté de Roland: la violence va et vient.

Quand on bloque, il faut essayer des choses, improviser avec son texte à la main. C’est comme ça qu’on trouve.

Walpurg debout à côté de soeur Anne. « Permettez que je me présente ». Décroche en faisant le tour du lit par derrière sur « Probablement parce que vous lisiez mes poèmes ». Arrive en avant-scène jardin.
-S’assoit à côté de soeur Anne sur « en plus de cela, le malheur ». Non.
- Essayons autre chose : continue à marcher en avant-scène de jardin à cour sur «alcool, morphine, cocaïne», c’est peut-être mieux qu’elle reste seule sur le lit pour le moment. S’arrête sur « le malheur ». Montée violente. Mieux vaut rester en place, jusqu’à « cette race de bourreaux ».

-Se donner le temps!-

Ensuite, montée silencieuse sur soeur Anne.
Prendre un mouvement ample dans les déplacements: quand tu montes vers le fond « bonhomme de chemin comme si de rien n’était », aller vraiment au fond (soeur Anne, tu te retournes). Sur « le troisième tome », tu redescends. Pas besoin de la regarder. « Fini ». Après « fini » tu la regardes.

-Les mouvements amples, bien placés, bien tendus.-

« La torture » → « race de bourreaux »: tu attaques le couloir, là, avant-scène jardin. Montée en force.

Remontée tout doucement. Petit à petit en montant Walpurg a son visage qui s’éclaire, il sourit. Petit jeu avec le menton, à peine, pour obliger soeur Anne à bouger et lui faire une place. Soeur Anne, un petit temps, tu bouges pas tout de suite tes fesses. Et puis bon, d’accord… Walpurg s’assoit. « Vous savez, quand j’étais à l’école… »

« Je ne pouvais pas comprendre, maintenant je saisis très bien », soeur Anne descend en ligne droite. « Pourquoi vous empoisonniez vous avec des narcotiques? » Silence. Soeur Anne ne se tourne pas vers lui. « Répondez ». Un regard vers lui et revient au public sur « Je ne peux pas comprendre ».

En descendant Walpurg: « Meine Körperschale konnte meine Geitesglut nicht aushalten ». Il arrive à côté de soeur Anne en avant-scène.

(kikoo kleist
hihi
il fut un temps où la compagnie jouait en trois langues, hein!)

« Mais pourquoi à notre époque tout finit-il justement ainsi » appelle un rapprochement. Donc Walpurg sur la réplique d’avant, décroche et revient à la place auprès d’elle.
Donc: « le feu de mon âme a consumé mon enveloppe terrestre », silence, « vous comprenez maintenant » à côté d’elle. Décroche sur « et une fois que la machine ». En place à cour « le cerveau s’épuise et la machine continue », regard, revient vers elle sur « c’est pour cela ». En place « imaginez » derrière il y aura des images, donc ne te retourne pas pour pas faire doublé.

« fonce aveuglement ». Silence. Walpurg part, Soeur Anne balance à ce moment là « mais pourquoi », Walpurg remonte à jardin. En place fond jardin « autrefois on n’avait pas à chercher la forme pure dans l’art ». Redescend en avant-scène sur « et la vie n’était pas une agitation » en attaquant le public. Se rapproche d’elle sur « pâte épaisse → cruauté ».

(je pense tout à coup qu’il y a un écho entre ce beau moment sur la « pâte épaisse de brutes » et la « pâte bouillonnante de corps » de la fin de la pièce. Cette scène finale m’intrigue, oui, vous aurez compris…)

Walpurg se détache « de notre vie », se rapproche « de pitié que vous pour moi »
Soeur Anne et les trois « mon dieu » : le premier en place, émotionnel, juste après qu’il ait parlé, part sur le second, le troisième à la chaise.

-Parenthèse sur Shakespeare-
A propos des trois fois: si Shakespeare écrit trois temps c’est que les trois sont différents. Words, words, words. (C’est un bon test pour évaluer les acteurs, ça…) Premier temps, la grammaire, deuxième temps, la haine des mots (merde!), troisième temps, rejoyce.
Ici: mon dieu – surprise, mon dieu – recul, mon dieu -acceptation (en accélérant pour s’asseoir à la chaise). Surprise – hésitation – décision, aussi.
Quand tu sentiras les trois temps, ça va te transformer, eeeh oui.

« Bon assez » Walpurg. Ya quelque chose du jeu comique du bouffon qui suit une personne dans la rue en faisant la même chose qu’elle. Walpurg la suit sans s’approcher trop. Quand elle hésite et s’arrête sur le second mon dieu (l’impression qu’elle va s’évanouir, une fois n’est pas coutume), il s’arrête aussi, elle accélère jusqu’à la chaise, tu accélères aussi. Elle s’assied. T’es derrière: « oh assez » et tu la coupes.

Tu enchaînes. « une chose est sûre ». Tu as senti qu’elle a eu un moment d’émotion, tu vas derrière le lit. Soeur Anne le regarde sur « perversion et la folie » (mais qu’est-ce qu’il veut dire?!). Walpurg continue en tournant du côté gauche du lit « je parle de la forme », « les chacals » (prends les vers le couloir), « la forme est liée à la vie ». Et comme pour le quand j’étais à l’école et la biographie de Kleist, « parlons maintenant de vous », en s’asseyant sur le lit.
S’allonge, ouh ouh.
Soeur Anne : « il ne pouvait pas rompre avec une (regard Walpurg), dame (au public) ». Walpurg « même les ingénieurs » au public également.

Ensuite Walpurg « comment le sais-tu? », se décale vers elle (pas le texte en même temps que le mouvement)
Soeur Anne se lève sur « appelez moi ma soeur »
Sur les répliques de Walpurg « comment le savez-vous ma soeur », soeur Anne avance, elle veut partir à nouveau.
Walpurg la rejoint sur « un fou en camisole » et se décale vers jardin pour sa montée à partir de « je ne sais pas qui a tué l’autre » pour aller chercher « torture quotidiennement » en haut à jardin . Ensuite le rire de souffrance et satanique. Et tu t’effondres, à genoux.
Soeur Anne calme le jeu : « pourquoi êtes-vous ici? ».
Walpurg « système nerveux trop faible » etc, monologue de Richard III là, sotto voce, monologue de folie. Bouge surtout pas. Crise de folie. Délire face public, s’il te plait. En te balançant.

(ouais, comme un chien, je maintiens!)

*tire sur son clope * et ça juste pour rire

Soeur Anne va s’asseoir.
Ensuite Walpurg, « content » (dit Witkiewicz): de la tempest au ciel bleu, d’un coup.


(hihi, et on ne se lasse jamais de vivaldi)

Ensuite la scène “Mater Dolorosa” (voir la pierre philosophale, la pièce d’Artaud qui se rapproche le plus du Fou et de la Nonne).

Tout un moment à la chaise. Une tendresse en train de se nouer entre les deux, à travailler dans la dentelle tout cela.
Anne les deux mains sur sa tête. Faudra figer ce tableau là, cette image, c’est important que le momen dure un petit peu, c’est vraiment essentiel. Soeur Anne se lève doucement sur « je ne peux pas ». Lui reste à genoux.
Walpurg grande souffrance tout le moment jusqu’à « Et cela n’a pas de fin ».
Mouvement de Walpurg s’approchant et implorant quasiment soeur Anne sur « le docteur? Vous voulez que je subisse une nouvelle crise » et à la fin il met sa tête contre son ventre. « Et cela n’a pas de fin. »
Elle recule d’un pas dès qu’elle sent sa tête.
Soeur Anne, une grande paix en elle car elle est devenue mater dolorosa, elle a trouvé de quoi se sacrifier… Elle s’abandonne. « Pour vous je ferai n’importe quoi » etc.. tout entier au public. Ensuite le relève et le tourne face public. Lui défait la camisole. Il s’étire.

« Il a l’air d’un boxeur près pour la lutte » écrit Witkiewicz…
Maintenant voilà le fauve!


(encore un tableau qui date de 1930, étonnant non? voir à propos de Pierre Bonnard et puis penser un peu à Arthur Cravan, ça peut pas faire de mal non plus à propos de wilde things)

Walpurg s’avance et se retourne vers elle « maintenant je suis libre »
Se rapproche d’elle.

Impro.

Reprise:
Elle est à côté du lit. Remontée de Walpurg après « donnez moi votre parole que vous ne ferez rien d’autre », il fait tout le tour de la table, il a les bras libres, il peut agir, liberté de corps sur « femme au monde, avec vous… » Le vol du bourdon!
Soeur Anne « j’ai peur – tout cela est si terrible » ; il s’approche
« ne vous approchez pas »; il lui prend la main

Il la prend par les épaules sur « accompli sur cette terre »
Walpurg : « Embrasse moi », silence premier baiser, « quel est ton prénom »
Soeur Anne: « Alina » en l’allongeant
Walpurg : « Alinka?… Tu m’aimes. » ; il enlève sa chemise
Walpurg : « il n’y a pas de tourments éternels » coiffe arrachée, commence à la déboutonner, « récompense » tu commences à la toucher, Walpurg est allongé à côté d’elle, là.

Et puis.. « il le faut, il le faut » pom pom pom pom!

Muss es sein? Es muss sein!

«minute unique… »

NOIR.

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Le fou et la Nonne : costumes

9 décembre 2009 at 7:35 (Work in progress : le Fou et la Nonne)

Hop hop.

Voici quelques images que j’ai trouvées ici et là. Ce serait pas mal de partager aussi nos idées de costumes et d’ambiance sur le plateau. Sachez par ailleurs que si jamais vous achetez dors et déjà des éléments de costumes, pensez à garder les factures (pas trop cher quand même hein!) si vous voulez qu’on puisse se rembourser sur les subventions le jour où elles arriveront.

Pour les nonnes, soeur Anne et soeur Barbara, il y a bien sûr le Clovis Trouille de la soeur dépravée:

Mais il était spécialisé dans la dépravation et l’obscénité de la religion. Par exemple ici:

ou encore ici pour le droit de cuissage de la mère supérieure sur ses petites nonnes dont on parlait au dernier atelier, à propos du passage entre soeur Anne et soeur Barbara:

Par ailleurs, cette histoire de dépravation & religion m’a fait penser au film DANS LES TENEBRES de Pedro Almodovar, qui se passe dans un couvent où toutes les religieuses se shootent et sont plus barges les unes que les autres, elles accueillent une fille perdue, une soeur dépravée. L’affiche est jolie, je vous conseille de le voir si c’est pas déjà fait, je trouve qu’il y a un bon goût déjanté qui peut nous donner des idées pour la pièce.

Je n’ai trouvé que ça comme vidéo, un mini trailer:

lalalalalaaaa lalalalalaaa .. ahah.

Dans ma recherche plus précise à propos de Soeur Barbara, je suis allée pêcher du côté d’Otto Dix dont l’ambiance dépravation-cabaret des années folles me paraît avoir fort à voir avec cette.. figure, disons. Le cabaret après tout, ça ressemble pas mal au cabanon.

Donc par exemple:

ou

d’autant qu’otto dix était plutôt adepte des images de massacres de la grande guerre. Ca me semble complètement dans le contexte.

et puis il y a toujours Morticia Addams..

 J’ai vu qu’il y avait des tas de déguisements de nonnes plus ou moins outranciers, je pense qu’on n’aura pas de mal à trouver des coiffes notamment pour pas cher.

Pour les docteurs, il y a les fameuses blouses blanches. Pour Walpurg, la camisole. On disait la dernière fois que Roland pouvait tout à fait utiliser une veste de judoka mise à l’envers et attachée avec des sangles. De toute façon le principe est assez simple.

L’idée je crois c’est de rester dans le noir/blanc/touches de rouge. Faudra qu’on parle des maquillages aussi, si on les fait dans le pur expressionnisme ou pas, etc.

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Atelier Witkiewicz – lundi 7 décembre

8 décembre 2009 at 12:07 (Work in progress : le Fou et la Nonne)

Atelier Witkiewicz – lundi 7 décembre

Présents : Jeremy, Alexandre, Steven, Selma, Lola, Morgane, Michel

Secrétaires : Morgane, Lola

NB : Michel revient le 11 janvier, 6 séances, il s’absente, puis reprise en février.

-Quelques jalons dans l’acte I.

Quelle est la dynamique qui se dégage du premier acte ?

Dynamique de la relation, c’est à travers la relation que les choses apparaissent. C’est par la relation qu’on sort de la psychologie. Ca nous renseigne de la manière dont nous ne percevons pas dans la réalité la relation avec les autres. Le théâtre révèle le caractère inconscient de la socialisation des êtres humains. Nous sommes aliénés et on ne s’en rend pas compte.

[à ce propos je vous suggère de voir le film de Resnais : Mon oncle d’Amérique]

Premier retournement.

On s’est arrêté la dernière fois à un tournant dans la scène (« c’est donc nos poèmes que vous lisions ») : l’image de Bordigiel s’est un peu effacée. Rapprochement. Pacification de la relation. Avant l’acte 2, comment va évoluer la scène à partir de là ? Quelle évolution du climat et pourquoi ?

Deuxième retournement.

Il est question de la relation de la folie avec la société. Retournement à partir de « mon dieu mon dieu mon dieu ». Walpurg vient de lier son cas personnel avec la société toute entière : le monde tourne à vide donc je tourne à vide. « Parlons de la vie de notre vie. » Comment comprendre ce nouveau retournement ?

Ca la concerne aussi : elle est dans le vide. Néant d’existence. Plus question de Bordigiel ici. Elle va se raccrocher à Walpurg comme une épave. Déstabilisation. Vulnérabilité de sœur Anne.

Walpurg : « bon assez »

Elle parle comme un automate.

On évoque le suicide de son ingénieur. Ca revient ailleurs dans la pièce.

La femme tourmentée : elle a lu ses poèmes, elle sait aussi que c’était un amour absolu. Elle se défend de la stabilisation. « je connais vos poèmes je sais qui vous êtes ». Quelqu’un dans un défi absolu par rapport à la question amoureuse et ça peut conduire à la mort. Elle prend la mesure de ce à quoi peut conduire un amour absolu.

Sœur Anne : « pourquoi êtes-vous ici ? » Sa question est réaliste, elle est très importante : vous ne pouvez pas être ici pour une histoire passionnelle.

« un vide effroyable » : on est toujours dans cette profonde déstabilisation.

Troisième retournement.

Retournement terrifiant de Walpurg : il tombe dans le pathétique « ma sœur tenez moi la tête entre vos mains ». Image : mater dolorosa. Retour du maternel sur le plateau. Quelque chose de pitoyable arrive ici. Pas de l’ordre de l’effondrement. Walpurg sollicite tout un maternel de la part de sœur Anne. « Reposez-vous ». De la provocation érotique à la soumission. Voir le cinéma de l’époque : l’effondrement des hommes dans le maternel. Résignation de Walpurg.

Au théâtre une telle scène est insupportable. Avec des corps réels on ne fait pas n’importe quoi, on ne les amène pas à se résigner. « désespoir effrayant » dit Witkiewicz. Outburst, explosion.

bram à propos de mater dolorosa je vous mets aussi ça:

Quatrième retournement.

Bascule dans l’érotique. « Pour vous je ferai n’importe quoi. » Erotique devant lequel il n’y a aucune fuite possible. L’acte I se termine sur l’acte, sexuel. On est en 1923, mais ça peut aussi bien être aujourd’hui. C’est quelque chose qui traîne depuis la révolution russe. On est entré dans l’époque des masses. Staline a bien compris. Tchekhov. On peut faire l’histoire du théâtre et de la compagnie à travers ça. Ce moment de violence, d’une nullité existentielle à la bascule.

En 1923, la pièce est censurée parce qu’il est impossible d’esquisser l’acte sexuel, de montrer que les choses ne peuvent pas aller ailleurs que là. Pas d’issues autres, idéales ou machin. 1924 premier manifeste du surréalisme.

1933 Le théâtre et son double. Relire.

Tout ce que dit Artaud s’applique à Witkiewicz, même s’il ne le connaissait pas.
Années 60 : le living, les années où l’on faisait l’amour sur la scène. Ca conduit à 68. Leurs slogans, c’est exactement ce dont il est question à la fin de cet acte.

Reprendre Rimbaud : le père des avant-gardes. La seule définition de l’avant-garde : il n’y a plus de différence entre l’art et la vie. Si on veut vivre il faut rentrer dans une vie artistique. Pratiquer un art. Exister dans un monde foutu.

-Prenons l’acte II.

Sœur Anne se rhabille.

Un malentendu entre les deux : « je t’aime » / « tu dois accomplir ton destin » c’est pas du tout pareil. Elle est schizée cette sœur Anne. Elle sent l’absolu en lui (pulsion de vie pulsion de mort…) mais se détache aussi. Il la rate pas : « tu parles curieusement, comme si tu avais brusquement cessé de m’aimer ». Quelque chose dans son comportement et dans sa voix : « sœur anne qui s’écarte de lui » écrit Witkiewicz.

Premier point de bascule : « tu dois accomplir ton destin », c’est pas pareil que « je t’aime »

Deuxième point de bascule : « en moi une force que je ne maîtrise pas », Anne répond « c’est le génie » (conneries)

-Vivre avec lui c’est risquer sa peau-

Et c’est l’image de Bordigiel qui revient, d’ailleurs Walpurg dit « ne me trahis pas » (il pressent cela).

On prend la scène ici.

Grün reste à la porte.

B, G et SB n’entrent pas de la même manière, ni ensemble.

B entre en premier, il entre d’un pas décidé, rapide, professionnel et directement vers SA qui quand il arrive, se lève. SB entre juste après B, elle entre voir sa nonne, et Grün après .

Quand SA doit elle se lever ?

B entre en lumière, à une place, elle le voit un flash de seconde. Elle fait semblant de prier, aux aguets. B entre , elle regarde, puis se remet à prier, et quand B arrive vers elle , SA se lève très calmement.

Entrée B, un point puis SA

quand B part, arrive à la place de B SB. SB arrive pleine scène, pour que G arrive derrière. SB prend tout de suite en considération SA.

3 instances qui débarquent, hétérogènes.

Quand SA se lève, il faudrait que grand écart sur sa gauche, c’est le médecin, elle laisse la place. B se retrouve près du lit à la place de SA. Geste de B avec la chaise, c’est fini la chaise maintenant. SB monte et embrasse sur le front de profil…

B regarde W.

Commencer à mettre e la dynamique, SB bouge à partir de « il a dormi tout le temps ? »

Grün est victorieux, il monte sur le discours de SA à la fin de « puis il s’est endormi tranquillement», à la droite de B. « ne l’avais je pas dit ? »  « le complexe commence à se dénouer ».

Grün reprend possession du patient.

B reste à la place pour « moi non, je n’ai jamais pris de bromure », il faut que ça termine sur érotisme avec SA.

Sur B »mais ce fait étrange », Grün se dirige vers SB

B « écoutez G », petit pas en avant de B

« je vous passe ce client », B revient sur SA

« même s’il y a beaucoup trop d’érotisme dans votre .. » : SA petite moue

Quand Grün va sur W, B et SA vers fond et dos au public

A « ohoh wal. » SB va derrière la tête de W

« Walpurg » il l’appelle au ciel

« ah c’est vous docteur ? » W est relevé.

G Prend l’épaule de W jusqu’à « la conversation avec SA », et là-dessus Walpurg se lève : « magnifique ! »

Bordigiel « Ah pour cela non ! » il se détache de SA

« je m’y oppose ! »

Grün « écoutez B c’est vous ou c’est moi » : il va vers Bordigiel

« vous êtes libre WALPURG » W se déplace.

« et dans 6 mois nous sortons tous en ville » très fort youhou ! et tout le monde le regarde

QUAND W commence à écrire, W vers fond jardin. «G sur « vous voyez ma sœur … » il va vers SB

« première association avec la sœur », G le prend à parti et W acquiese l’air de rien ‘oui oui ‘ de la tête

W « aigu » : regarde le public, en écrivant, regarde le public et ne perd pas B des yeux

G emmène sœur B, la fait tourner ‘regardez le résulat’ G est victorieux . « la fosse c’est le sein maternel » : ¾ public, parle au public, ils marchent SB et G et s’arrêtent derrière le lit »

W arrive sur B : public : « docteur, il me semble qu’on ne peut pas flirter indéfiniment… »

Grün à « B oh ! mon Dieu » lui prend le pouls en regardant public.

« je suis maintenant tout à fait… » : Walpurg avance là-dessus

« non je parle sérieusement… » Walpurg se retourne et va jardin

Sur « ma mère réveillez vous de votre stupeur… L’honneur d’une personne de religion », SB se dirige vers SA, elle s’agenouille à côté de SA  et « vos plaisanteries sont déplacées… »

Quand les infirmiers entrent, regardent les cadavres puis public et s’en vont

W s’est déplacé vers SA, passe derrière Grün, et parle à SA

G est entre le couple des filles et W « il est presque complètement guérit… »

Il est possible que SA ‘sur un ton factice’ « même s’il faut sacrifier ma vie, je suis prête, et SA peut se mettre à genoux devant SB .

« et ne va pas aujourd’hui à confesse », SB embrasse SA sur les deux joues avant de dire sa dernière réplique , la mère supérieure a un droit de cuissage.

SA et SB sortent et croisent les infirmiers, qui amènent le plateau sur le lit, et restent sur scène.

W : « je n’ai plus de remords », pose le manuscrit et commence à manger

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ATELIER WITKIEWICZ Vendredi 4 décembre

6 décembre 2009 at 11:42   (Work in progress : le Fou et la Nonne)

ATELIER WITKIEWICZ Vendredi 4 décembre

Présents: Lola, Steven, Morgane, Michel, Roland, Alexandre

NB Jean-Daniel ne pourra pas jouer Walldorff.

reprise de la dernière répétition

 

Morgane : SA toujours en réponse,  donc difficile de la définir

Steven : une relation commence à s’amorcer, certaines répliques n’ont pas encore tout leur poids.

Comment se joue cette scène entre B et SA. B est un chef de clinique dans un hopital psy qui a habitude de ses patients , de son métier, statut hiérarchique et se déplace avec aisance d’un grand médecin.

SA était fiancée à un ingénieur qui était marié, le deal, c’est qu’il devait quitter sa femme. SA appartient à un milieu social, position d’ingénieur relativement comparable à un chef de clinique, surtout en 1923. elle retrouve qqn du même milieu social qu’elle ambitionnait, et dans cette chambre, un type barbu, et mal rasé, dont le chef de clinique lui dit qu’il est « incurable ».

quelle est la manière dont B s’adresse à elle :

 Steven : 2 niveaux : 1er monologue descriptif, où il fait apanage de la situation, puis rapport plus proche qui est troublant en regard de ce monologue

Michel : dès que B entre,  « voici notre patient » : il la met dans le coup, elle est avec un chef de clinique. « il est possible malgré tout que Grün ait raison » : il la met dans une confidence clinique. Là dessus que SA remonte sur B. « caboche psychiatrique » : il s’adresse à elle. « Je me permets de tenter l’expérience » : il montre à quel point il l’associe au risque qu’il lui prend. Puis il dit « à l’aide de votre intuition féminine » il lui fait un sourire, jeu de SA. Il termine « en ce qui concerne la psychanalyse » : intervention intellectuelle. L’oie SA est dans le secret milieu.

Cette scène doit se jouer comme si B débordait de cette aisance, qui sont tellement en lui qu’elles n’ont rien d’appliqué. C’est le pouvoir comme il est.

B : élégance, autorité,c harme, séduction, parfaitement inconscient. Grande souplesse dans la démarche, la parole…

de l’autre côté, du côté de SA , on assiste.

Ce qui montre qu’il est parfaitement inconscient : ‘toutefois sous aucun prétexte, il ne faut vous plier à ces désirs. Il se la garde, conscient d’un pouvoir de séduction de son patient, jeune , intelligent.

SA « j’attire votre attention sur le fait que vous parlez à une personne d’église », et la précédente « bien docteur, mais que dois-je faire… » montre qu’elle est pénétrée de B. , du caractère scientifique immanent à sa fonction.

Tout de suite elle accepte cet honneur qui lui est fait d’être associée à d’éminents médecin.

« docteur j’attire votre attention… » elle perçoit à quel point elle est déjà sensible à l’autorité de B. elle éprouve un mouvement vis à vis de B. qui en est conscient « ne vous offensez pas ma soeur ».

cette scène nous enseigne la manière de jouer de B et de SA qui petit à petit dans la scène devient, elle qui a un statut exceptionnel vis à vis de B, elle n’est pas dans staff médical.

Il y a bien un rapport intime qui s’est créé entre SA et B

ce simple travail nous montre que pour jouer, il ne faut pas faire de la psychologie mais de l’observation des comportements. Ex étudiante et prof de fac : toujours cette même aisance, ce charme inconscient, rapport privilégié. Il faut observer à quel point les gens sont des putes : B et SA, la société est une grande putasserie et ça ne fonctionne que comme ça. Il faut montrer la grande putasserie sociale dans une petite scène qui dure 2 minutes. Le théâtre qu’est ce que c’est ? Si la scène est bien jouée, il sera difficile d’en rire.

Scène avec Walpurg : où en est soeur Anne au début de scène : sous le choc de cette faveur, et elle se trouve face à un camisolé, qui pue un peu, qui a de la barbe…

qu’est ce que je dois faire ? Waktangoff : tu dois faire ce que fait SA. SA est dans une situation qui est familière à une étudiante. Sois naturel : sois inconscient, la fille est inconsciente. Comment ne le serait elle pas, avec tous les fantasmes que ça peut engendrer.

Elle est seule avec Wallpurg. Elle reste avec l’image de sa rencontre avec B. elle entend ce type « nom d’un chien, une hallucination… »

« je ne suis pas un fantôme », être sous l’image de B. « cher monsieur je ne suis pas un… » je suis dans le rapport strict avec B, j’ai eu la confiance du chef de clinique et je le fais sentir à ce patient.

« mon nom de religion est Anne » : opposée de ce qu’elle dit à B qui était symptôme du fait qu’elle est concernée par ce que dit le médecin. Là : il y a 2 personnes en toi : elle n’est plus uniquement sœur Anne, , mais « nom de religion ». elle indique et présente son identité comme un mystère : ‘j’ai un autre nom pour les intimes ’. en fait elle est double. Manière dont on considère les religieuses : qu’est ce qu’elle cache ?

Wallpurg « donne moi un baiser de sœur » : c’est aussi ambigüe, il a compris qu’elle était double, et montre le sens de l’humour de Wallpurg. Elle est tombée dans un piège en disant mon « nom de religion est Anne » c’est un aveu de duplicité, elle aura du mal à tenir le gouvernail de la religion

« je suis ici pour apaiser votre âme fatiguée » : elle ne parle pas de corps. La manière dont SA va être habillée : en soulignant ses formes… On est sur un bord comique depuis « donne moi un baiser de soeur ». W la rassure « je ne peux pas ouvrir les bras ».

« Moi-même je suis hors de l’existence » : phrase de méta – physique. Hors de l’existence : intouchable.

« mon nom de religion … » cette femme est déstabilisée physiquement par l’image de B, quel comportement je peux trouver vis à vis de qqn : lui aussi elle le voit hors de l’existence car il n’a plus de bras, il ne peut plus toucher.

Puis montre comme elle est destabilisée, elle est dans un émoi, elle n’arrive plus à calibrer les relations avec quelqu’un qui s’affirme comme sexué. Destabilisation qui arrive par rapport au choix d’objet . Ce type comme un mendiant, c’est qqn qui est repoussant.

« vous ne voyez pas mon habit » : voyons le jeu de soeur Anne précisément sur cette réplique.

En scène.

« quelle torture » lit / Walpurg debout à côté de / soeur Anne face public

soeur Anne: trouver une diction pour trouver le corps: « je suis ici pour apaiser votre âme fatiguée »

c’est-à-dire ICI = Bordigiel, AME = religion, silence après AME. FATIGUEE = m’emmerde pas.

« moi-même je suis hors de l’existence » : MOI-MEME pour s’excuser de « fatiguée ». Silence. Se tourne vers W. Silence. « Vous ne voyez pas mon habit? » Comme si t’essayais une robe et que tu la montres au petit copain qui de toute façon te voit à poil.

Résumé pour Roland:

« Mon nom de religion est Anne » n’échappe pas à Walpurg. Puisqu’elle est double, elle peut donc lui donner un baiser. Donc touche d’humour dans « eh bien ma soeur, donne moi un baiser de soeur ». 

W se rend peut-être même pas compte à quel point soeur Anne est déstabilisée depuis Bordigiel. Elle fait lapsus sur lapsus.

En scène.

Côte à côte, ou retrait de W.

–Soeur Anne: « je suis ici pour apaiser votre âme fatiguée » flash regard sur W

–« moi-même… » hop décalage soeur anne, mouvement de sortie de la cabine d’essayage hein, –silence, W regarde soeur Anne

« vous ne voyez pas mon habit? »

–Ensuite Walpurg:

«Ah… alors, ce n’est pas possible »  se rapprochant d’elle, évidemment, puisque c’est complètement possible. Emoi de soeur Anne: elle vient de se rendre compte qu’elle a fait un geste de séduction. Elle ne peut même pas reculer car elle réalise à quel point elle s’est trahie.

–Walpurg, regard public, tout près d’elle: « maîtrisons nous » qui englobe lui et elle, c’est pas seulement un aparté

Tout un jeu de désir / déstabilisation : le texte on va finir par s’en moquer totalement, les corps d’abord.

Walpurg la prend deux fois au piège:

-nom de religion / baiser de soeur

-cabine d’essayage / alors c’est pas possible?

–sur un autre ton : « je suis un cadavre vivant » et Walpurg part vers jardin. Quelle marche? Quelle humeur de ce jeu?

-        marche prussienne, ça fait surjoué

-        fantôme

L’autre ton, ça fait vraiment partie des couches profondes de Walpurg. Comme ces gens qui passent d’un ton à l’autre en un instant dans les soirées, qui rigolent et puis qui enchaînent sur un « bah de toute façon, moi c’est comme si j’étais déjà mort ». Ceux qu’on prend pour des fous quoi.

(Ca me fait penser a Des Arbres à abattre, thomas bernhard dans son fauteuil: http://www.theatre-contemporain.net/textes/Des-Arbres-a-abattre-une-irritation/infos-texte/type/extraits/

Donc profond, donc pas pathétique, pas mélodrame, sérieux, vrai, et du coup:

–Soeur Anne: « je suis plus morte que vous » fait un effet comique terrible, alors que c’est comme si on venait de la voir à poil

Sacrés slaves! Les contrastes sans arrêt.

–Soeur Anne tremble là-dessus. Un tremblement c’est-à-dire: pas trembler mais paumes ouvertes, mains un peu écartées.

–« vous allez guérir » c’est elle la malade, inguérissable sur le plan de se laisser séduire, c’est ça sa faiblesse. Elle vient de découvrir sa faiblesse. Elle se rend compte à quel point elle n’est pas stable dans ses choix amoureux… Insistez sur le « vous allez guérir ». « et toute la vie » davantage sur un ton mélancolique, elle vient de se rendre compte qu’elle est une vraie girouette. Ton: surtout pas des conseils.

Donc là on a Walpurg et Soeur Anne sur la même ligne, W à jardin, Sanne à cour, face public les deux.

–Walpurg: « pourquoi êtes-vous religieuse », en la regardant pas. C’est un grand psychotique, il est sensible à ce qui se produit chez elle, donc il s’approche pas, donc il la sent et comme il la sent il ne la regarde pas.

« toute jeunette toute ravissante »

–Soeur Anne: « ne parlons pas de cela »

–Walpurg: « il faut que j’en parle » à la place, puis s’approche en silence. Ne pas dire le texte en s’approchant, ne pas s’excuser par la parole. Le corps. Sinon tu ressembles à un rugbyman.

–Soeur Anne le regarde quand Walpurg arrive aux deux tiers de son parcours.

« il faut que j’en parle »: doucement, sinon le mouvement est cassé, doucement pour lancer ton mouvement. En chaussons l’acteur, en chaussons!

–Côte à côte. « vous ressemblez…/ elle est morte? / …n’est-ce pas». Grande sensibilité de ce moment là, très juste, à tenir.

–Soeur Anne. « ha pour l’amour du ciel … dans un autre monde», toute la phrase en remontée pour arriver sur la chaise. Dans l’angle de la chaise, comme si tu allais t’asseoir.

–Walpurg. « Moi non. » Public.

Puis montée de Walpurg. Lancer en se tournant vers elle. Ca joue davantage avec Soeur Anne qu’avec le public.

« ICI » « cette pendule » : tape la tête dans le mur! Soeur Anne sursaute

Jeu Walpurg. Arrivé sur le lit. Tous les contrastes. Violence totale du carcéral psychiatrique.

« prématurément » « torture »

Recul Soeur Anne cherchant le docteur / vers la porte.

Balancement sur « une journée passe », « bromure, morphine » se rallonge

–Mouvement de soeur Anne: Tu pars sur le deuxième « toujours » de W, arrivant derrière la tête de W allongé pour l’imposition des mains. « Ne dites pas cela » quand arrivée derrière lui. Met les mains sur le deuxième « je vous en prie », enlève après « calmez-vous ». Imposition des mains sur les deux épaules, poids léger. Sans te pencher. Ne le regarde surtout pas. Décroche sur « si je ne peux vous aider en rien », et pas trop vite. Vers la porte avant-cour. T’as eu peur pendant toute la séquence.

–Walpurg : « ah non, vous ne sortirez pas d’ici », tout à fait banal le ton, se tournant / redressant. Ca fait encore plus peur. Un peu en biais, pivote les fesses. On rejoue, là! « oh non » c’est moi le chat!

naughty boy « oh non… »

[bon, improvisation là.]

On explore cette partie de la scène parce qu’on est arrivé à une impasse. Elle a peur. Tournant: « demanderai au docteur de me libérer de cette obligation ». On entre dans une autre séquence « permettez-moi de me présenter ». Autre chose arrive. La relation commence à être moins perturbée, plus tranquille, là. Un passage où il y a une relative paix par rapport au début.

Qu’est-ce qui change?

(Walpurg l’homme tronc..)

http://4f.img.v4.skyrock.net/4f0/snorky/pics/1252213058_small.jpg

W amène soeur Anne pour bavarder assis sur le lit?  La camisole permet peut-être quelque chose:

–Walpurg: « oh non… »

–Soeur Anne: un point sur lui, revient face public fixe.

–Walpurg : « excusez-moi ma soeur je suis tout à fait lucide » il vient se placer derrière elle pour bloquer le passage. Il la ramène, tout un jeu d’épaules avec la camisole, vers le lit.

Soeur Anne regarde W de temps en temps, elle y va mais elle comprend pas bien ce qu’il se passe.

Soeur Anne atterrit dans l’angle du lit, trois quart public, le bord droit le plus proche du public.

–Walpurg: « permettez moi de me présenter »

–Soeur Anne: alternance plonge/remonte « affreux/merci » « merveilleux/terriblement »

Maintenant qu’elle est coincée sur le lit, Walpurg peut se balader. Inversion: c’est elle la malade.

–Walpurg : « probablement parce que vous lisiez mes poèmes… » remonte sur elle quand? Sur « venu habiter ici », et hop, se colle assis à côté d’elle. « fini. »

A la place toute la conversation « j’exterminerai toute cette race de bourreaux »

–Walpurg: change ton: confidence « vous savez, quand j’étais à l’école »

Soeur Anne se rassure…

On s’arrête à « un artiste comme vous ».

La relation Walpurg / soeur Anne va encore connaître d’autres rebondissements.

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Notes d’atelier: Le fou et la nonne le mercredi 02.12

3 décembre 2009 at 5:39   (Work in progress : le Fou et la Nonne)

Notes d’atelier: Le fou et la nonne le mercredi 02.12

Présents: Alexandre, Jeremy, Lola, Morgane, Roland, Selma, Steven, Michel.

Secrétaires: Lola, Morgane

Alexandre, Roland, Selma : impression sur les places, sur la scène

Roland : complexité des trois personnages.

Alexandre : /Bordigiel/ un peu trop statique, mais le texte n’est pas encore possédé.

On a pû travailler les places et la relation.

Comment est perçue la relation entre Bordigiel et soeur Anne, Soeur Anne et Walpurg. Est ce que quelque chose paraît pouvoir prendre entre ces personnages.

Selma : elle veut s’enfermer dans personnage de nonne mais tombe amoureuse de Walpurg.

Alexandre : Bordigiel : c’est son terrain, il le connaît. Travail à faire sur la présence, qqn qui survole tout ça. Relation qui commence à germer avec Selma : petite chose qui n’ose pas entrer.

Places liées à la relation. Sentir une justesse.

Steven : dans le jeu, on a comparé 2 relations : B/SA et W/SA : On sent B/SA, il y a des blocages. B va la chercher, l’introduit dans son monde. Deux personnages sont différents : B et W : W a une espèce d’instantanéité. L’une aboutit et l’autre non. On sent déjà le conflit qui s’installe.

Roland : sur la relation, Roland n’a pas de blocage, ça passe très bien. Spontanéité, parfois c’était un peu téléphoné. Trouver le moment juste et fort. Le texte fait plein d’appels : moments de folies, mais des appels avant dans le texte. Ca se sent au fur et à mesure.

Michel : SA/B la relation est au début effectivement étrange. Relation complexe, et on sait que par la suite il y aura ce flirt. Se demander pourquoi il n’est pas si clair…

le rapport avec Walpurg est différent d’avec Bordigiel. Il est introduit par le rapport avec Bordigiel. Si on détermine rapport de  B/SA, on aura indications sur le début de relation avec W/SA.

Reprise

 

Scène Bordigiel/Soeur Anne (Alexandre/Selma)

 

B/SA : entrée avant – scène cours : question de la relation entre les deux

le jeu à la chaise ne tient pas la route. Selma ne peut pas s’assoir.

Qu’est ce qui va créer une dynamique ?

Entrée en scène : travailler sur la distance entre les 2 corps : SA rentre en premier, B suit mais reste légèrement en écart par rapport à elle.

« incurables » : au public

« empoisonnement » : SA regarde B

comment le spectateur voit le regard de B sur W

SA est face à une autorité scientifique. SA est jeune, homme plus âgé, beau, qui petit à petit a une sorte de charme naturel.

SA connait elle déjà Grün ? non

« caboches psychiatriques » : SA monte vers B, à la tête de Wallpurg

« je me permets de tenter l’expérience » encore à SA

B ne se rend pas compte à quel point son inconscient parle pour lui.

« dementia praecox » SA regarde B puis W

puis « ma soeur » de nouveau regard de SA vers B

relation qui commence à paraître entre B et SA par rapport à un tiers qui est W. ?

B est une autorité, ce sont des séducteurs nés de manière inconsciente, permanente, constante. Le comportement, on a pas encore ce comportement, elle se laisse séduire par cette autorité. Puis quan W dit « tu vas me tromper… » c’est déjà en place dans la première scène. Elle a ça, consciente de la hiérarchie…

Roland : ça se passe très vite. « mais que dois je faire exactement »  : elle veut que B reste. « vous parlez à une personne d’église » : ça va trop vite !

On arrive à une question : question : est ce que j’arrive à la justesse de jeu à travers mon corps ou à travers la voix. Dans cette pièce, surtout le corps, c’est un vrai ballet, B hypnotise SA dans son ballet. SA peu à peu tombe sous le charme. SA est sous le charme. A travers le mouvement corporel que les choses se jouent.

Rythme, espace puis le ton de la voix

Scène Walpurg/Soeur Anne (Roland/Lola)

(indications de jeu)

Bordigiel sorti. Soeur Anne se met à genoux et prie mains croisées.

Walpurg : tonus dans la voix. Soeur Anne lève la tête sur «nom d’un chien » (un type dangereux!)

Soeur Anne se lève calmement après « dis quelque chose ». Ton Lola : « je ne suis pas un fantôme » pas peur pas agressivité, elle est dans l’effet Bordigiel, là. (coucou j’a i un corps de femme). Ne le regarde pas.

Pour le lit: en léger plan incliné et tout près de l’avant-scène.

Ca permet de jouer: « comment vous appelez-vous? » en se tournant vers elle, et on le voit quand même.

W se redresse vers elle. « Eh bien ma soeur »

Saute sur ses pieds. « Embrasse-moi »

Sautille vers elle. « Je ne peux pas ouvrir les bras »

Soeur Anne se recule.

W face public jeu avec les bras bien coincés  « quelle torture »

Soeur Anne se tourne face public, «je suis ici pour apaiser ». Signe de croix « moi-même hors de l’existence » etc

W la rejoint en petit clown « alors c’est pas possible » 

Important: les variations de jeu de Walpurg, tous ses contrastes.

« Je n’ai pas besoin d’aide » etc. En grandes enjambées et latérale jusqu’à jardin avant-scène.

Duel! Monte pour être à sa hauteur. « je suis plus morte que vous » toujours regard public.

 W: à la place, un regard sur Anne et au public « pourquoi êtes-vous religieuse » puis s’approche d’elle, sur sa ligne, d’une autre manière et d’un autre ton. Stop sur « ravissante ».

Anne prend un point rapide sur W et répond.

Moment de vérité: « ce n’est peut-être qu’une impression » à la place jusqu’à « il vous est arrivé quelque chose de semblable » mélodrame et tout

Puis W se rapproche rapidement. « je l’ai senti tout de suite »

Pour Witkiewicz: l’essentiel c’est de percevoir les tensions sur la scène, entre les personnages

Anne « à pour l’amour du ciel » au public puis s’en va, vers fond. Puis « je suis déjà dans un autre monde »

W à elle « moi non !» à la place, toute l’énergie dans la voix, puis suite à la place public.

Montée au lit sur « le vrai monde le mien etc »

S’assied et change de ton sur « c’est la loi pour nous les fous »

Balance les jambes «car la société est bonne »

W s’allonge sur « j’ai une infinité de temps »

Soeur Anne s’assied quand? Après « je ne les supporte plus »

~The torture never stops! merci zappa

Le monde diplomatique: un article dans le numéro de décembre 2009 sur le suivi du destin carcéral en France. Ca fait partie de nos documents de travail

http://www.monde-diplomatique.fr/2009/12/COUPECHOUX/18632

extrait:

La France stigmatise les malades mentaux Traitement sécuritaire de la folie

La castration physique pour un violeur ? Pourquoi pas, a répondu la ministre de la justice Michèle Alliot-Marie, lors d’un débat parlementaire. Cette conception antique du droit (œil pour œil, dent pour dent) rejoint, dans un autre domaine, celle de la psychiatrie ramenée, au fil des réformes, plusieurs décennies en arrière. Les changements entrepris par M. Nicolas Sarkozy font de tout malade mental un individu dangereux dont la société doit se protéger — et non un être humain qui doit être soigné.

Par Patrick Coupechoux

« mais non », il se redresse

« le bromure, la morphine » Anne le regarde, ça lui rappelle Bordigiel

« un sommeil plein de cauchemars » elle se lève, il ne la voit pas faire

« toujours, toujours » il se recouche

Anne, le moment où elle donne l’indice qu’elle va le laisser tomber

« calmez-vous » elle est derrière lui, niveau de sa tête »

« si je ne peux vous aider », elle s’éloigne

W se lève d’un bond « vous ne sortirez pas d’ici »

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NOTES D’ATELIER – lundi 30 novembre 2009

1 décembre 2009 at 8:28   (Work in progress : le Fou et la Nonne)

NOTES D’ATELIER – lundi 30 novembre 2009

Présents : Roland, Alexandre, Steven, Selma, Jeremy, Morgane, Michel

Secrétaire : Morgane

Travail collectif. On travaille avec une scène au décor minimal au départ.

Où commence Walpurg ?

Proposition de Roland. Avant-scène cour.
La dernière fois on a parlé de :
- la raideur avec laquelle Walpurg se redresse (rapport à ce qu’on a dit sur la masturbation)
- le mort vivant
- rappel Morgane à propos de Caligari : Oscare le somnambule (on se passera le film de toute façon)

 Comment disposer le lit ?
Pas en latéral, ça bloque de l’espace de jeu et ça annule un peu l’effet du lit. Donc le lit en central et tout droit, frontal, suffisamment vers le lointain. Chambre mortuaire, salle d’autopsie. Walpurg commence allongé les pieds vers le public.

Où se trouvent Dr Bordigiel et Sœur Anne ?
Font-ils une entrée ou sont-ils déjà en scène ? Bordigiel peut être déjà en scène. Sœur Anne ? Imaginons ce qui pourrait introduire la pièce :
- ouverture directe sur Walpurg, Bordigiel, Sœur Anne
- entrée
Nous avons le fond qui pourrait être ce mur blanc d’hôpital, un panneau. Une fenêtre derrière, suffisamment haute, avec une lumière en contre pour réfléchir l’ombre des barreaux sur le corps de Walpurg, par exemple. Si on fait une entrée, ça fait théâtre conventionnel. S’ils sont éclairés peu à peu, c’est peut-être plus intéressant. Mais, comment introduire cette pièce autrement qu’avec l’image de Walpurg ?
Introduire Walldorff sur le plateau : le docteur Caligari de la pièce.
NB : les blouses de médecins de Caligari seront parfaites pour la pièce. Contacter Jean-Daniel au plus vite pour Walldorff : grimé comme Caligari au début, puis comme le directeur à la fin.

Au fond, une croix ! (on est tout de suite en Pologne – pas de bureau). A fond cour un praticable à côté du panneau. Walpurg dans l’ombre au début. Sœur Barbara monte comme une apparition sur le praticable dans la tenue Clovis Trouille. Avant jardin, Walldorff entre, fait deux pas s’arrête voit Sœur Barbara. Grand sourire. Sœur Barbara disparaît. (Une douche sur chacun). Walldorff repart. Ensuite Barbara reviendra en noir. Walpurg en pyjama avec chaussons d’hôpital ou claquettes blanches de sauna (on aura bientôt la camisole). Jeu blanc/noir : Blanc de sœur Anne. Blanc de Bordigiel avec cravate noire. Fond blanc et la croix noire. On a donc ceci qui précède l’entrée de Bordigiel et sœur Anne.

Ouverture :
NOIR
Scène Barbara/Walldorff
NOIR
Pas d’entrée, mise en place.

(Important de faire un hyatus entre les deux moments.)

On essaie le texte.
Entrée avant scène cour de Bordigiel et Sœur Anne. Remontée le long cour. Bordigiel est médecin, il ne s’approche pas de son patient tout de suite. Question du corps ici :
-le médecin est parfaitement à l’aise, chez lui à l’hôpital. Ne pas perdre le public en parlant toujours dans une sorte d’oblique. Assurance technique.
-sœur Anne est religieuse, pas pareil. Pas obligée de le suivre comme un petit chien. Au début au fond, peut-être qu’elle ne bouge pas du tout.
Remontée d’Alexandre.

[Filage du texte. Mises en place.]

Nb : tenter au moment de la machine et du grand parc d’attractions : passer un montage de Metropolis sur le panneau blanc du fond.

Plus loin: l passage bien plombé face public « pâte épaisse de brutes ! »
Perversion, machin, paf, ça commence à entrer dans le vif du sujet.
Elle : « mon dieu » etc, elle commence à entendre des mots. Elle commence à trouiller. « et non un caillou… »

[Toujours Metropolis]


« qui était-il » et il se ballade et il s’en fout « Comment le sais-tu ? » On s’arrête à la bascule de la scène quand elle lui enlève la camisole.

Donc : on a donné aujourd’hui un minimum pour donner le sens de l’espace, déplacements, mises en place. Dans les séances de décembre, on va tenter de filer ainsi l’intégralité du texte.

A venir:

VIDEO
un post plus détaillé pour entreprendre une recherche sur le montage video et le dispositif que l’on pourrait développer (listes de films de trois types:
- l’hommage au muet
- les images psychédéliques
- des images médicales de dissection de cerveau par exemple
De même pour la musique. Toute suggestion bienvenue.

DECOR
Possibilité d’une lucarne dans le panneau de fond, qui servirait aussi de surface de projection. Une lucarne à barreau, à construire: quand Walpurg doit se suicider, l’acteur pourrait grimper à la lucarne et passer la tête dedans, on lui emballerait la tête dans un sac (cf. les emballages de Kantor!), ce qui faciliterait de beaucoup le travail du mannequin à réaliser, avec ce sac sur la tête.
La croix, à voir si on la laisse en fond centrale, on peut la disposer autrement. Ce panneau-écran de projection en revanche est certain.

COSTUMES
Michel aura bientôt camisole et blouses de médecin. Les soeurs doivent trouver leurs habits de nonnes. Robe noire + la tenue Trouille de Barbara.

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NOTES D’ATELIER – 25 novembre 2009

30 novembre 2009 at 1:30   (Work in progress : le Fou et la Nonne)

NOTES D’ATELIER – 25 novembre 2009

Présents : Lola, Alexandre, Steven, Selma, Jeremy, Morgane, Michel
Secrétaire : Lola

COMPTE RENDU DU TRAVAIL A LA TABLE

Le fou et la nonne, première représentation en 1926 mais telle censure qu’il fallait faire une demande pour assister à la scène, il fallait faire une demande expresse, et ni les soldats, ni les étudiants ne pouvaient y assister. Le titre modifié par la censure : le fou et l’infirmière. Réfléchir sur cette modification du titre.
Le sous-titre : « le malheur des uns fait le malheur des autres. »

Question de la scénographie, du lieu, de l’espace.
« 25 petites vitres épaisses ».
Quel est cet espace ? Les barreaux : les services fermés dans les HP, tous les patients qui sont dangereux.
Morgane : salle de classe
« les verrous grinçants » : prison, cellule de condamné à mort. Dans quel lieu se trouve-t-on ? Sommes nous dans un type de cellules des HP.
« cabanon », espace d’isolement dans l’HP. Espace fermé dans l’espace fermé.
Idée que c’est l’avant dernière porte avant la mort, souligné par Bordigiel « empoisonnement progressif des incurables », ce qui viendra dans les camps de concentration. Les lieux fermés où expériences mortelles.
Trouver des documents, des photos de ce type de lieu. On peut trouver des documents dans les livres sur la médecine nazie.
Tout ça nous indique l’Unheimlichkeit, « l’inquiétante étrangeté », Freud, il ya des lieux qui nous sont à la fois familiers et étranges. Il faut faire de cet espace une sorte d’hétérotopie, qui peut recevoir plusieurs définitions. C’est un lieu qui a traversé l’histoire, c’est un lieu de « tortures », Walpurg.
Bande à Baader, la fameuse « torture blanche », les QHS, les quartiers de haute sécurité aux Etats-Unis. La torture blanche, on les conduisait au suicide.
Le blanc fait très cocon, morphine et bromure qui endorment, en attendant d’être bouffé. C’est blanc. Le fil peut évoquer la ficelle.
Wit. évoque ce lieu qui traverse l’histoire. Ces lieux souterrains existent dans toutes les sociétés.

« au plafond, une lampe brille faiblement », c’est un lieu sous éclairé, une sorte de pénombre.
On peut penser à la pièce dans old boy, à saw, aussi choix délibéré de dire que cette scène va être une pièce expressionniste.
Il écrit la pièce en 1923. T. Kantor commence en 1933 qu’il créer le théâtre Cricot, et entre 1923 et 1933, on passe du cinéma muet au cinéma parlant. Lorsque Wit. Écrit, il faut s’inspirer de l’expressionnisme allemand, cf : le Golem, le cabinet du docteur Caligari, Mabuse.
Le cabinet… : possibilité de projeter sur écran des passages de films muets
1923, apogée du cinéma muet.

On peut dire que c’est un espace qui sorte d’une unique précision, mais rester dans l’hétérotopie, la suggestion.

Cette pièce vise deux institutions précises, elle les met en jeu :
 médecine : question du corps
 religion : question de l’âme.
Cette subversivité joue-t-elle encore aujourd’hui ? Où en est-on sur le plan institutionnel de la psychiatrie et sur le plan de la religion. La médecine est devenue une forme de religion. La religiosité se trouve dans la science elle-même. CE qui se passe avec le vaccin, il y a le problème du contrôle. A partir de Jean-Paul II, l’église s’intéresse directement à la science et prend position.
Il ya un lien entre le pouvoir médical et le pouvoir religieux. Ca nous donne une image : Bordigiel et soeur Barbara unissent les deux. Suggestion de travail en pantomime, avant l’ouverture de la pièce, présence de soeur Barbara et de Bordigiel.[cf docteur House : à quel niveau ça pourrait rejoindre ce qu'on est en train de dire.]. Conversation muette entre les 2 arêtes du pouvoir.
Si on a un écran, notre décor peut être un plan fixe d’un des films.

Démence précoce
Wit. Connaissait Freud , psychanalyse ébranlait psychiatrie.
[ 2 dimensions de résistances aujourd'hui par rapport à hégémonie mondiale : création artistique et psychanalyse, notre combat ici est présent dans la pièce de Wit. : en quoi une formation artistique et la psychanalyse peuvent avoir une dimension critique]
démence précoce, diagnostic le plus sévère en terme de maladie mentale, c’est la dessus qu’on a forgé le terme de maladie mentale. Freud, « la démence de Meinert », même dans la démence précoce, il y a quelque partie du psychisme qui n’est pas atteinte. Il rejette la notion même de maladie mentale. Walpurg peut être déclaré fou intégral, mais il y a un point vigile en lui.
Dans la pièce, il va être question de Jung. 1923, rupture entre Jung et Freud consommée. Mystique culturelle et religieuse chez Jung. Ce dernier, avant de trahir, a écrit en 1909 un essai sur la démence précoce. [ vers question du corps de Walpurg].
Parmi les symptômes de la démence précoce, la masturbation forcenée. [ le ruban blanc : l'image du fils attaché sur son lit , la question du pédophile, la castration chimique, le cabinet des enfants fous] Le théâtre ne fuit plus le fait scénique de la masturbation. Il n’y a plus de tabou au théâtre, il y a cet arrière-fond. La masturbation est-elle uniquement négative ? La masturbation signe de vivacité sexuelle, présence du désir, c’est lié à la célèbre phrase de Lacan, ce qui l’a conduit à la psychanalyse, c’est le symptôme « il n’y a pas de rapport sexuel », la masturbation en est le symptôme. Effets nocifs de l’interdiction de la masturbation.
Karl Kraus qui définissait l’acte sexuel comme une masturbation déguisée.
Le ruban blanc : le fait qu’il soit dans une camisole, c’est bien empêcher la masturbation.
L’acteur qui joue Walpurg va se trouver immobilisé de pouvoir donner une issue physiologique, physique.
La blouse du médecin, la bure religieuse, la camisole, on est dans des corps contraints, et l’obscénité dans la contrainte sur la sexualité. C’est la contrainte sur le corps désirant qui est obscène.

Travail sur le texte
pantomime entre Bordigiel et soeur Barbara avant l’ouverture.
Bromure + morphine : cocktail final. L’empoisonnement.
Vol au dessus d’un nid de coucou : la lobotomie qui revient aujourd’hui à la mode. Lobotomie indiquée à la fin de la pièce, p. 252 : Walldorff « les trépanations m’ont dans le temps rendu célèbre. ». Projection du cerveau sur un écran. Neuro physiologie du Xxèm : on ne connaît que 15% du cerveau. On est entre science et science fiction.
Rosemary ‘s babies, Polanski et Choc corridor.

« l’empoisonnement progressif des incurables est notre principe secret » : projet nazi, mais c’est aussi ces millions de personnes qui meurent de faim.
Qu’est ce que ça nous dit du back ground de la pièce? La partie la plus importante du pouvoir qui a pour but l’élimination des « déchets ».
A cette époque émerge dans le cinéma et la littérature, un objet, la poubelle. Les poubelles. [Lire Bruno Schultz, ami de Witkiewicz. Schultz, peintre, dessinateur, et écrivain.] et le mannequin.
Schultz a écrit le traité des mannequins, c’est comme si on avait une sorte de momie, des mannequins de cire, c’est plus qu’une étoffe.

Question du divan : est-ce un lit, un divan ?

Au début, c’est comme si Walpurg était mort, comme s’il était un cadavre. Le divan, où on mettait les mourants pour pouvoir dire leur dernière confession. Le mausolée de Lénine, le coussin, avec la momie, le masque mortuaire. [ adaptation par Wajda des Possédés]
Grabat de prison, des lattes, des gros coussins.
Quel type de barbe a Walpurg [barbe est-ce], penser à la barbe d’Yvan le terrible.
Il y a une expérience qui va être tentée, la pièce se présente comme une expérience.
Quelle est l’attitude, le comportement de ce Bordigiel, quel type de personnage c’est. « triomphe de Grün » : il y a une compétition.

Le plus grand ami de Wit., c’était Malinowski (les Argonautes du Pacifique), c’est l’anthropologue qui a mis en question l’universalité du complexe d’Oedipe. S’il n’est pas universel, nous avons alors tout faux sur le seul domaine de la sexualité, de la construction sociale. Wit est au coeur de ce cyclone. C’est comme si on avait projeté sur le monde notre culture occidentale. On est au coeur du cyclone. Conséquences sur l’expérience en question.
« A l’aide de votre intuition féminine » : les femmes sont intuitives, elles ne pensent pas.

Le personnage de soeur Anne, celle qui a nécessairement la coiffe, la tenue de l’Ursuline, bure noire, coiffe noire et blanche, le crucifix, chapelet à la taille.
Le surréalisme n’est pas loin, Wit s’est toujours détaché du surréalisme mais a été proche. Surréalistes se sont intéressé, notamment les plasticiens, les peintres, le cinéma, Bunuel et la place des bonnes soeurs chez Bunuel, et Tati, le début de play time, place des bonnes soeurs dans l’aéroport, ce non-lieu, qui est aussi l’hôpital psychiatrique, où tout peut se passer. Clovis Trouille, qui a peint énormément de bonnes soeurs.
Dès le départ on ets dans quelque chose de surréaliste, érotique « bien docteur, mais que dois je faire exactement, comment dois-je m’y prendre, j’ai oublié… »
« ne vous efforcez pas de faire quelque chose de spécial »

Bordigiel – bordel

comment un cadavre se remet-il à vivre ? « il se dresse sur son divan »

« nom d’un chien, une hallucination … Dis quelque chose» on est surpris par ce « dis quelque chose »

« trouvailles effarantes… » poème présenté comme une chanson

un des signes de la démence précoce, l’hallucination. C’est comme s’il la voyait dans sa tête mais qu’elle n’était pas là.

«Comment vous appelez vous? deux ans que je n’ai pas vu de femme » un peu comme le « dis quelque chose ».
« mon nom de religion est Anne » : je ne suis pas une femme, elle se protège, mais si elle se protège …? Qui est cette soeur Anne, elle tressaille quand il se redresse comme un phallus.

p.226 : « Walpurg se levant » : se lève-t-il ?

La question n’est pas le caractère mais où sont-ils, quels sont les liens, la tension entre les personnages. C’est ce que nous faisons qui éclaire le texte.
Quelle est l’émotion de Walpurg, de sœur Anne, de quelle émotion il s’agit ? Que peut-il exprimer dans son corps encamisolé ?

« donne-moi un baiser de sœur » quelle attitude, quels gestes et expression a-t-il voulu suggérer en écrivant ce texte?
C’est quelqu’un qui n’a pas eu de contact, la camisole interdit tout contact, le seul qui reste, c’est le baiser. La question du baiser est pendante dans toute la scène. Il commence par le dernier contact, le baiser. Pose la question de savoir ce qu’est le baiser au théâtre comme au cinéma. Qu’est ce que veut dire embrasser, et surtout embrasser en public. Le gros plan au cinéma. Quand est-ce qu’on s’embrasse, ici, c’est le premier contact qu’il demande. A-t-on des gros plans de baisers avant le cinéma parlant (Metropolis, le diable au coeur). Le baiser c’est sortir d’une impasse, il faut le lier à l’émotion, c’est un moment de bascule, on ne peut plus négocier un rapport à l’autre sans cette solution là. Pourquoi va-t-elle devenir si importante.
« donne moi un baiser de soeur » : c’est aussi l’inceste. Le baiser d’amour, tout baiser avec une femme c’est le baiser avec une soeur ou une mère. Quelque chose d’un besoin. C’est le besoin de l’autre, ce n’est pas le désir. Mais ça peut aussi être naturel.
Embrasser ça veut peut-être dire prendre dans les bras. Comment l’acteur va vivre cette situation? Besoin brûlant.
Très grande tension intérieure dans Walpurg qui se répercute chez soeur Anne.
Elle aussi se considère comme morte.
Ces premières paroles qu’elle prononce lui échappent. Wit. Sait faire parler l’inconscient.
Soeur Anne comme schizophrénie : « mais que dois-je faire exactement » : une morte qui est une pute en instance.
« je suis plus morte que vous »

depuis le début, on a affaire à deux morts vivants, qui, parce qu’ils sont morts sont au bord de la plus grande sensualité. Tension dynamique entre la mort et la vie, rencontre foudroyante

pom pom pidou

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